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Des bêtes et des philosophes...

Les bêtes semblent préoccuper de nombreux philosophes. Le « devenir bête de l’homme » est même chez certains la nouvelle perspective philosophique qui vient remplacer le progrès des Lumières ou le développement de l’esprit absolu. Comme les modes atteignent même l’institution scolaire, les élèves des séries littéraires ont été interrogés au baccalauréat sur l’épineuse question de savoir s’il existe un devoir moral de respecter tout être vivant. Et derechef, certains professeurs ont ressorti leurs manuels d’antispécisme et le programme de la « libération animale » de Peter Singer. Toute une myriade d’idées plus ou moins absurdes défendues comme « philosophiques » et qui rejoignent la secte d’illuminés des « Vegan », une secte dont on ne saurait trop dire s’il s’agit de doux foldingues ou d’une espèce d’allumés un peu plus dangereux. Essayons de voir plus clair et de réfléchir aux moyens propres à arrêter cette progression de la bêtise – au sens propre du terme – en philosophie. → plus

Par Denis Collin • Actualités • Lundi 06/07/2015 • 0 commentaires  • Lu 639 fois • Version imprimable

La tolérance a-t-elle des limites?

Que la tolérance ait des limites, cela va de soi, puisque le concept même de tolérance suppose la définition des limites. Le « Larousse » définit la tolérance au sens technique comme « Écart acceptable sur certaines grandeurs (dimensions, masse, fréquence, etc.) relatives à des fabrications mécaniques, à des composants électroniques, etc. » La tolérance définit donc notre capacité à accepter les écarts et en même temps la limite maximum « tolérable » de ces écarts. La question de la tolérance peut, cependant, se poser sur un double plan. Sur un plan juridique comme règle générale régissant les rapports des hommes dans la Cité, ou sur un plan moral, comme une qu’on doit exiger de chacun. La définition des limites de la tolérance sera différente suivant que l’on aborde le premier ou le second aspect.→ plus

Par Denis Collin • Actualités • Vendredi 29/05/2015 • 0 commentaires  • Lu 771 fois • Version imprimable

Comment résister ?

De Marx à Machiavel, mode de production capitaliste et stratégie populiste de résistance

Le mouvement ouvrier organisé a représenté la dernière grande eschatologie de l’histoire humaine. Son action était censée, du moins dans l’esprit de ses porte-parole, annoncer des temps meilleurs et même la rédemption finale de l’humanité débarrassée de la guerre, de la violence et de l’exploitation. L’espérance chrétienne prenait une forme laïque et même athée et cette espérance devait se réaliser ici et maintenant. Entre le retour des formes les plus atroces du fanatisme religieux et le dieu marché, omniprésent, tout-puissant et omniscient, il n’est plus guère de place pour une visée universaliste, chantant des lendemains meilleurs. L’espérance des uns, ce sont les soixante-douze vierges qui attendent les valeureux égorgeurs, les pieux esclavagistes, les héros à la kalachnikov ; l’espérance des autres, c’est l’éternel présent du triomphe du marché et de l’équivalent général, l’éternel présent, c’est-à-dire la mort. → plus

Par Denis Collin • Actualités • Mardi 28/04/2015 • 0 commentaires  • Lu 1083 fois • Version imprimable

Sur la crise de l’éducation

Écrit voilà près de vingt-et-un ans, à l'époque de François Bayrou, ce texte n'a hélas pas vieilli, à ceci près que la situation qui y est décrite s'est considérablement dégradée aujourd'hui et que les possiblités de sauver ce qui peut encore l'être se sont plutôt sérieusement amenuisées. Alors que François Bayrou avait - timidement - proposé la revalorisation de l'étude des langues anciennes, c'est sa liquidation pure et simple qui est à l'ordre du jour. Une menace grave pèse sur la possiblité même de transmettre même partiellement ce qui a constitué la culture française et européenne et au delà-la possibilité de l'ouverture sur la humaine dans son ensemble. Quand on pense que l'enseignement de l'allemand risque, avec le nouvelle réforme des collèges prévue pour la rentrée 2016, d'être complètement marginalisé (au point même que l'ancien premier ministre Jean-Marc Eyrault s'en est ému), on mesure ce qui est en train de se passer. On pourrait croire que c'est l'orientation d'un gouvernement, d'une majorité qui est en cause, mais il n'en est rien. Chaque gouvernement, chaque majorité parlementaire poursuit le travail des précédents, toujours dans la même direction. Si, selon Hannah Arendt, l'éducation est conservatrice par essence, parce qu'il s'agit de préserver le monde, on ne peut que se demander si cette préservation est encore possible.
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Par Denis Collin • Actualités • Samedi 18/04/2015 • 0 commentaires  • Lu 826 fois • Version imprimable

Sade ou l'esprit du capitalisme

J’avais déjà eu l’occasion de noter que l’essence de la pensée sadienne n’est rien d’autre que le règne absolu du Capital. Sade est bien un individu subversif, mais subversif comme l’est le mode de production capitaliste lui-même. Comme le faisait remarquer Marx, « Partout où [la bourgeoisie] a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l'homme féodal à ses "supérieurs naturels", elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du "paiement au comptant". Elle a noyé les frissons sacrés de l'extase religieuse, de l'enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l'exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale. » (Manifeste du parti communiste). Exploitée, directe, éhontée, brutale : voilà ce dont Sade fait l’apologie. Voici quelques extraits qui nous mettent sur la bonne piste. → plus

Par Denis Collin • Actualités • Vendredi 17/04/2015 • 0 commentaires  • Lu 801 fois • Version imprimable

Sommes-nous devenus ignorants ?

«Aujourd’hui on célèbre partout le savoir. Qui sait si, un jour, on ne créera pas des universités pour rétablir l’ancienne ignorance »1

La question posée semble assez curieuse et même paradoxale. Après tout, on dit qu’il y a aujourd’hui bien plus de savants vivants et en activité qu’il n’y en a eu dans toute l’histoire de l’humanité. Nos connaissances de la nature ont fait des bonds prodigieux au cours du dernier siècle, qu’il s’agisse de la physique ou de la biologie. Les connaissances ne sont pas restées confinées au petit monde des savants, mais elles sont répandues dans le public, d’abord par les progrès de l’instruction et le recul massif de l’alphabétisme, mais aussi par les moyens de communication de masse dont le dernier, l’internet, semble mettre à disposition de chacun tout le savoir de l’humanité. La science n’est plus et depuis longtemps une activité théorique, elle est pratique, incorporée dans les techniques et on nous annonce que nous entrons maintenant dans « l’économie de la connaissance ». La science, comme le disait Marx, semble devenir une « force productive directe ». Bref, nous ne sommes pas devenus ignorants mais savants ! Qu’est-ce donc qui pourrait refréner cet enthousiasme qui nous porte depuis le commencement des « temps modernes » et singulièrement depuis l’époque des « Lumières » ? Qu’est-ce qui pourrait nous transformer en vieux grincheux répétant, depuis Platon, que « tout fout le camp » : Platon déplorait que l’écriture ait affaibli la mémoire ! Que dirait-il avec le moteur de recherches à notre disposition qui nous dispense d’apprendre par cœur et nous permet de vérifier instantanément l’état de nos connaissances ? Certes, nous avons oublié des savoirs ancestraux, certes nous n’apprenons plus guère le latin ni le grec et les « humanités » sont en perdition, mais n’est-ce pas le prix à payer de la formation de nouvelles humanités et de nouveaux savoirs beaucoup plus certains et beaucoup mieux fondés ?

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Par Denis Collin • Actualités • Mardi 14/04/2015 • 0 commentaires  • Lu 826 fois • Version imprimable

Peut-on critiquer les religions ? (suite)

Une contribution de Jean-Marie Nicolle

Suite à l'article "Peut-on encore critiquer les religions?", mon collègue et ami Jean-Marie Nicolle me fait parvenir la contribution suivante que je m'empresse de publier.
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Par Denis Collin • Actualités • Jeudi 19/03/2015 • 0 commentaires  • Lu 834 fois • Version imprimable

Actualité de la théorie critique

Si le vieux « marxisme orthodoxe » est définitivement hors d’usage, la profondeur de la crise économique, sociale, politique, mais aussi qui caractérise le mode de production capitaliste aujourd’hui rend nécessaire non seulement un retour à Marx qui doit être tout simplement lu véritablement et réinterprété, mais aussi aux écoles marxistes « hétérodoxes » du XXe siècle, celles qui sont parties de Marx pour aborder autrement et sous d’autres angles l’analyse critique de la société bourgeoise. → plus

Par Denis Collin • Actualités • Vendredi 28/02/2014 • 0 commentaires  • Lu 2475 fois • Version imprimable

Pour Costanzo Preve

Né en 1943 dans la province d’Alessandria, Costanzo Preve s’est éteint le 23 novembre 2013 à Turin. C’est un philosophe presque inconnu en France. Un seul de ses livres a été traduit dans notre langue, Histoire Critique du Marxisme (éditions Armand Colin, collection, avec une préface de Denis Collin) Auteur prolixe, « élève de Marx », comme il aimait se présenter, il était à l’écart de toutes les orthodoxies et nous avait donné une analyse décapante du « communisme du XXe siècle ». Grâce à une bourse, il avait étudié à Paris en 1963, y avait suivi les cours d’Hyppolite sur Hegel, fréquenté les althussériens et s’était rapproché de Marx. Il avait également un intérêt soutenu pour les philosophies grecques et allemandes qui influeront profondément sur sa lecture de Marx. Une autre bourse lui permettra de se rendre à Athènes où il soutiendra une thèse en grec moderne sur les Lumières grecques. De retour en Italie, il devient professeur de philosophie au lycée où il enseignera pendant 35 ans. Adhérent au PCI de 1973 à 1975, il va militer ensuite avec divers groupes issus du PC, principalement Democrazia Proletaria. Il cesse l’activité militante quand Democrazia Proletaria se fond dans le PRC(Rifundazione Comunista) en 1991. Il aura souvent des mots très durs pour Bertinotti, le fondateur du PSIUP puis du PRC, dont les errances conduiront en effet ce parti à la désagrégation dans les années 2000. → plus

Par Denis Collin • Actualités • Jeudi 28/11/2013 • 0 commentaires  • Lu 1812 fois • Version imprimable

Bien vivre

« Tout le monde recherche le bonheur, même celui qui va se pendre », dit Pascal. Les hommes ne se contentent pas de vivre, ils ne se contentent pas de cette vie animale qui consiste à subvenir à ses besoins, à se reproduire et à mourir. Ils veulent encore vivre bien, ce qui ne peut avoir d’autre sens que réaliser ses potentialités d’homme. Quand les Grecs inventèrent la philosophie, il s’agissait d’abord de rechercher un genre de vie qui soit réellement cette vie bonne, contre les idéaux illusoires de la puissance et de la richesse. Nous ne sommes sans doute pas beaucoup plus avancés qu’eux pour déterminer en quoi consiste cette vie bonne. En revanche, nous avons une intuition assez précise de ce qu’est une vie non humaine, une vie mutilée.
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Par Denis Collin • Actualités • Dimanche 29/09/2013 • 0 commentaires  • Lu 2319 fois • Version imprimable

Mariage et filiation

Suite d'un débat: deux lettres de Mme Papp

Claude Papp m'a fait parvenir copie des lettres qu'elle a envoyées respectivement au directeur de la Raison - le journal de la "Libre Pensée" et à la rédaction du Canard Enchaîné. Ces deux lettres me semblent à verser au dossier d'une discussion qui a certes disparu da l'actualité immédiate mais qui reste une discussion essentielle.  Gageons d'ailleurs que la GPA, la PMA, etc., reviendront bientôt sur le devant de la scène, tant que ce qui est en question, loin d'être anecdotique, "fait époque".

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Par Denis Collin • Actualités • Samedi 28/09/2013 • 0 commentaires  • Lu 1800 fois • Version imprimable

Le Même, l'Autre et la question de la filiation

GPA, PMA, etc. - un retour sur la question du "mariage pour tous"

Introduction : peut-être un problème sérieux

Prise en elle-même, la question dite du « mariage pour tous » pouvait sembler tout à fait secondaire. Elle n’était peut-être qu’un gadget pour le gouvernement « de gauche » permettant de réaffirmer à bon compte son « identité » au moment où sa politique, pour toutes les questions sérieuses, ne faisait que reprendre en les aggravant les orientations du gouvernement précédent. On peut cependant adopter un autre point de vue en considérant qu’il s’agit là d’un révélateur d’évolutions sociales et politiques profondes autour desquelles les vieux clivages droite-gauche, progrès contre réaction, ne fonctionnent plus. On sait d’ailleurs que, manœuvre politique mise à part, un nombre conséquent de responsables « de droite » étaient favorables au « mariage pour tous » – et pas seulement Mme Bachelot qui vendit la mèche en déclarant qu’on ne pouvait prendre la mairie de Paris qu’en étant « gay friendly » – et qu’inversement des personnalités de gauche étaient pour le moins réticentes au fameux mariage pour tous –Jospin et Agacinski n’étant pas les moindres. Sylviane Agacinski s’est d’ailleurs fait vertement rabrouer par le trust Perdriel (Le Nouvel Obs, Le PLUS) qui a publié contre elle une tribune où sa qualité de philosophe était mise entre guillemets : la police de la bonne pensée bien de gauche veille !

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Par Denis Collin • Actualités • Lundi 22/07/2013 • 0 commentaires  • Lu 4116 fois • Version imprimable
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Ma bibliographie

Liste de mes ouvrages disponibles en libraire

Libre comme Spinoza
Denis COLLIN
Max Milo
A dire vrai: Incursions philosophiques
Denis Collin
Armand Colin
A dire vrai: Incursions philosophiques
Comprendre Marx et Le Capital
Denis Collin
Max Milo
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La longueur de la chaîne
Denis COLLIN
Max Milo
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Giambattista Vico et l'histoire
Denis Collin
Sceren
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Le mal
Denis Collin (dir.), Dominique Ginestet, Alain Quesnel, Sylvie Peyturaux, Didier Guilliomet
SEDES
Le mal
Comprendre Marx
Denis COLLIN
Armand Colin
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L'argent
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CDU SEDES
L'argent
Le cauchemar de Marx Le capitalisme est-il une histoire sans fin ?
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Max Milo
Le cauchemar de Marx <i>Le capitalisme est-il une histoire sans fin ?</i>
Comprendre Machiavel
Denis COLLIN
Armand Colin
Comprendre Machiavel
Les énigmes du moi
Denis Collin (dir.)
SEDES
Les énigmes du moi
Penser l'histoire
Denis Collin (dir.)
Armand Colin
Comprendre Marx (Broché)
Denis Collin
Armand Colin
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Les puissances de l'imagination

Sedes
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La recherche du bonheur
Denis Collin (dir)
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Revive la République ! (Broché)
Denis Collin
Armand Colin
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La matière et l'esprit : Sciences, philosophie et matérialisme
Denis Collin
Armand Colin
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Traité des animaux
Condillac - Présenté par Denis Collin
Bréal
Questions de morale
Denis Collin
Armand Colin
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L'illusion plurielle : Pourquoi la gauche n'est plus la gauche ?
Denis Collin et Jacques Cotta
J.-C. Lattès
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Morale et justice sociale
Denis Collin
Seuil
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La théorie de la connaissance chez Marx

Denis Collin
L'Harmattan
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Marile notiuni filosofice. 5 Munca si tehnica
Denis Collin
Intitutul European
Les Grandes notions philosophiques, tome 5 : Le Travail et la technique

Denis Collin
Seuil
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La fin du travail et la mondialisation: Idéologie et réalité sociale
Denis Collin
L'Harmattan
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Les grandes notions philosophiques, tome 2: La société, le pouvoir, l'Etat

Denis Collin
Seuil
Les Grandes Notions philosophiques, tome 3 : La justice, le droit

Denis Collin
Seuil
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