Faut-il, doit-on imposer des limites à la recherche technique et scientifique ?Réponse à la question soumise à l'étude du congrès de la Libre Pensée
La question à l’étude du prochain congrès de la Libre Pensée est si pleine d’ambiguïtés qu’on ne sait pas trop par quel bout la prendre. « Faut-il » et « doit-on » ne sont pas des synonymes : la nécessité et l’obligation ne sont pas identiques, on ne se soustrait pas à la nécessité alors qu’on peut manquer à ses obligations. Le deuxième point délicat consiste à traiter en bloc de la « recherche technique et scientifique ». Commençons par là.
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La passion du MêmeQuelques réflexions à propos de l'introduction de l'homoparentalité dans les programmes scolaires
Quelques mots dans un bulletin officiel de l’éducation nationale (Bulletin officiel spécial n°8 du 13 octobre 2011, portant sur les programmes de l’enseignement de spécialité de droit et grands enjeux du monde contemporain de la série littéraire - classe terminale littéraire) ont fait la une des journaux télévisés et radios : « Après avoir constaté l'absence de définition de la famille, on montrera, par une analyse juridique et historique, qu'elle a profondément évolué et qu'elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire, élargie) et on proposera aux élèves d'en rechercher une définition. » La querelle de l’homoparentalité était relancée avec d’un côté le clan de la « réaction » (les adversaires de la reconnaissance officielle de l’homoparentalité) et de l’autre le clan du progrès (les partisans de la reconnaissance de toutes les nouvelles formes de parentalités). Un de ces débats piégés qui plaisent tant au petit monde des médias et des politiciens en mal d’idées.
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![]() Entretien avec Denis Collin auteur de - La longueur de la chaîne –Au micro, Pascal Clesse, responsable de la commission philosophie. 1- Aujourd’hui nous recevons le Philosophe D.Collin. Vous avez publié de nombreux ouvrages sur Marx, Machiavel etc… Dans votre dernier ouvrage intitulé, La longueur de la chaîne, vous vous proposez d’examiner les différents usages du mot liberté, et surtout de dresser l’état des lieux de ce qu’il en est effectivement de la liberté, des dangers qui la menacent en ce début du XXIème siècle. Tout d’abord, pourquoi ce titre La longueur de la chaîne pour un ouvrage qui traite de la liberté ? C’est la fable de La Fontaine, le Loup et le Chien, qui m’a inspiré ce titre. L’animal moral, dans cette fable, c’est le Loup qui préfère sa liberté à la pitance que les maîtres du chien lui prodiguent. Nous n’avons jamais tant parlé de liberté, jamais ce n’a été une valeur aussi unanimement revendiquée en parole, et jamais son sens n’a été aussi restreint. Nous ne voulons plus assumer notre liberté et nous nous contentons de négocier la longueur de nos chaines et la quantité des croquettes ! 2- Premier axe de votre réflexion : la liberté politique. Vous partez d’un constat : nous sommes passés de l’idéal de la démocratie « le gouvernement du peuple pour le peuple » à la mise en place d’une oligarchie au niveau international, c’est à- dire « du gouvernement du petit nombre pour les intérêts du petit nombre ». Comment expliquer l’émergence de ces nouvelles élites, et surtout comment rétablir la démocratie ? A propos de "La longueur de la chaîne"Une interview dans l'Humanité Dimanche du 21 avril 2011
1/ Au sens grec et romain, mais aussi au sens de la République française de 1792, « il y a démocratie quand prévalent les intérêts de la partie de la plus large du peuple, c’est-à-dire les intérêts des plus pauvres », résumez-vous. Ce n’est pas du tout ce qui semble fonder l’action politique du gouvernement au pouvoir aujourd’hui. Est-ce à dire que nous ne sommes pas gouvernés par des démocrates ?
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Mots-clés : Michel Henry, phénoménologie
Michel Henry : Auto-donations, éditions Beauchesne (première édition par la revue « La Prétentaine »). Un recueil d’articles et de conférences par Magali Uhl et une postface par Magali Uhl et Jean-Marie Brohm. Ce livre peut être une bonne introduction à la pensée de Michel Henry et qui définit à plusieurs reprises sa propre version de la phénoménologie qui en fait une philosophie de la vie. La phénoménologie est la théorie de la « phénoménalité », c’est-à-dire de l’essence de l’apparaître. Mais l’apport propre de Henry est de considérer que la certitude première est celle de l’affectivité (c’est la relecture de la 2e méditation de Descartes qui le conduit à cette idée). La condition première de toute apparaître, la condition transcendantale, c’est la vie, la vie invisible – on ne voit pas la vie en faisant de la biologie. À noter aussi une interview de Anne Henry qui éclaire l’homme Michel Henry. Mots-clés : Michel Henry, phénoménologie Entretien avec Florian DelormeLes matins d'été de France Culture
Je retrouve dans mes papiers (c'est-à-dire dans des vieux fichiers) ces notes prises en 1992 à propos du livre de Michel Onfray, L'art de jouir. Comme je n'ai rien à changer et le problème Freud était déjà pointé, je me contente de les recopier sans adjonction. En vingt ans, il aurait pu travailler un peu plus sérieusement sur la philosophie antique ou penser sérieusement ses désaccords théoriques plutôt que de colporter des potins genre presse "people". La question de la destructivité du plaisir est évidemment essentielle (voir mon Questions de morale, Armand Colin, 2003).
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Mots-clés : Descartes, Locke, science, technique, progrès
Si on veut dater le monde dans lequel nous vivons, un monde dominé par le mode de production capitaliste, on peut suivre Fernand Braudel : dans son ouvrage monumental, Civilisation matérielle, économie, capitalisme, il situe le tournant entre le XVe et le XVIIIe siècle. Sur le plan de l’histoire des idées, on peut, non sans arbitraire, fixer plus précisément les choses. Il y a, au XVIIe siècle deux auteurs, un Anglais et un Français, qui expriment avec une clarté absolue le programme scientifique, politique et économique du monde moderne : Descartes dans son Discours de la méthode (1637) et John Locke dans son Traité du gouvernement civil (1689). Locke est sans doute le véritable fondateur du libéralisme et l’inspirateur des pères de la constitution américaine. Mais le véritable noyau dur de son ouvrage est le passage sur la propriété (dans le chapitre V) : Locke y explique que, dans l’état de nature la propriété est limitée à l’étendue de terre que l’individu peut travailler et aux produits dont il peut faire usage. → plus Mots-clés : Descartes, Locke, science, technique, progrès La revendication d'homoparentalité et le malaise dans la cultureRéflexion à partir d'un cas récent
Depuis de nombreuses années maintenant le débat sur l’homoparentalité fait régulièrement retour sur la scène publique. C’est l’une de ces questions « sociétales » que l'on considère comme décisives pour mieux éviter de poser la question sociale, une question plus gênante pour le consensus libériste entre la droite et la gauche – je distingue le libérisme qui soutient que l’économie de marché résout toutes les questions sociales du libéralisme politique dont il existe plusieurs versions honorables. La conclusion d’un récent procès qui a donné le droit d’adopter à une institutrice homosexuelle relance le débat. Dans la plus grande confusion puisque se chevauchent deux questions qui ne sont pas nécessairement liées : la question du droit des homosexuels à adopter et la question de l’homoparentalité. De même qu’un(e) célibataire peut adopter, il semble de bon sens qu’on autorise l’adoption par un(e) homosexuel(le). Le tribunal de Besançon dans l’affaire que nous venons de citer s’est d’ailleurs contenté de rappeler ce principe et rien d’autre. La question de l’homoparentalité est une tout autre affaire puisqu’elle vise à faire reconnaître le fait absurde qu’un enfant pourrait avoir une femme comme mère et une autre comme « père » ou que dans un couple masculin l’un des deux hommes jouerait le rôle de « mère ».
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C’est entendu : morale et politique ne peuvent être confondues. La politique morale n’est qu’un habillage « politiquement correct » de l’exploitation de l’homme par l’homme (libérale bien sûr) proposée comme seul horizon possible. La politique ne peut sans doute pas se tenir toujours dans les limites étroites de l’impératif catégorique de Kant. Elle ne peut s’en tenir aux maximes universelles alors même qu’elle a toujours affaire à des situations singulières dans lesquelles il faut trancher. Inversement l’exigence morale ne peut s’accommoder des inévitables compromis politiques. Des préceptes moraux identiques peuvent justifier des conceptions très différentes de l’action politique et la même politique peut être le point de recouper de conceptions morales parfois opposées. D’où la tentation, celle de Rawls et de disciples ou émules : construire une théorie politique indépendante de toute conception englobante de la vie morale. Mais on n’a pas attendu Rawls pour en venir là. En vérité toute la pensée éthique moderne cherche à transformer la politique en science, débarrassée des tutelles morales aussi bien que religieuses, pendant qu’on cherchait à « désencastrer » la morale de son milieu naturel, l’ethos communautaire d’où elle a surgi. Il s’agit de construire une morale individualiste, en ce sens qu’elle ne dépend que de la rationalité individuelle, en l’appuyant sur un principe qu’on pense évident, qu’il s’agisse du principe kantien d’universalisation ou du principe utilitariste de maximisation des plaisirs et de minimisation des peines … ou de tout autre principe de genre. Le libéralisme classique ou le libéralisme politique moderne partagent cette double exigence.
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Rêve et cauchemar: retour sur Marx et le capitalismeInterview parue dans "Les Lettres Françaises" du 5 septembre 2009 Lettres françaises. A contrario de toute une vulgate actuelle, dans ton dernier livre tu n’évoques pas Marx sous le signe du « retour » mais du « cauchemar ». Notre monde est devenu ce qui, pour Marx, aurait été un cauchemar s’il avait pu l’observer de ses propres yeux. Qu’entends-tu par là ? → plus
Je publie ci-dessous le texte de la conférence qu'Aymeric Monville a prononcée en 2007 devant le groupe Marianne de la "Libre Pensée". L'intérêt aussi bien philosophique que politique de ce texte me semble évident, dans est nécessaire le démontage des ces rebelles officiels dont la pratique de la philosophie n'est si éloignée de celle que dénonçait jadis Paul Nizan. Sans partager toutes les thèses de Monville, je dois signaler le travail qu'il fait pour redonner place à tout un plan de la tradition issue de Marx qu'on occulte trop souvent. Signalons la publication du chapitre central de "La destruction de la raison" de Georges Lukacs, consacré à Nietzsche, aux éditions Delga (Chez cet éditeur on peut aussi trouver les Prolégomènes à l'ontologie de l'être social du même Lukacs).
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