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Croyance en la science, croyances des scientifiques

Le triomphe de la science aurait dû faire reculer la croyance. Non seulement la croyance sous ses formes religieuses ou superstitieuses, mais aussi sous ses formes plus communes. Mais l’opposition de la science à la croyance laisse dans l’ombre la véritable question épineuse, celle de la croyance dans la science. Car la distinction théorique entre science et croyance n’est pas aussi claire qu’on pourrait le croire. S’il est assez aisé de séparer science et superstition, si la science dans ses théories fondamentales peut marcher d’un pas assuré et produire non pas des croyances plus ou moins douteuses mais des certitudes indubitables, ce « tranquille royaume des lois » qui est la vérité de l’entendement (Hegel) ne recouvre qu’un petit territoire de la science. En réalité, science et croyance s’entrecroisent, s’opposent et se conditionnent mutuellement : 1° il y a des croyances fondamentales concernant le monde, comme conditions de l’activité scientifique ; 2° certaines théories scientifiques sont de simples conjectures et l’adhésion massive de la scientifique ne les transforme pas ipso facto en théories scientifiques ; 3° les scientifiques ont des croyances en tous genres qui semblent à peu près imperméables à leurs propres théories scientifiques ; 4° il peut y avoir une dimension de croyance religieuse dans la science ; 5° la science produit de nouvelles croyances.

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Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Mardi 06/11/2012 • 0 commentaires  • Lu 8913 fois • Version imprimable

Réel et principe de réalité

De Freud à Descartes et retour

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Le réel, c’est ce qui est propre à la « res », c'est-à-dire à la chose, l’affaire, le fait. La chose, c'est-à-dire encore la « causa ». Il y a ici un complexe de significations dans lequel on s’empêtre comme c’est toujours le cas avec ces mots d’extension vaste. → plus

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Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Mercredi 26/01/2011 • 0 commentaires  • Lu 15237 fois • Version imprimable

Sur les exploitations idéologiques du darwinisme

Sociobiologie, gènes égoïstes et psychologie évolutionniste

L’importance de la théorie darwinienne de l’évolution comme première véritable théorie scientifique de la descendance avec modification ne fais guère de doutes. Comme programme de recherche, l’évolutionnisme a montré sa fécondité et reçu de si nombreuses confirmations qu’on peut considérer dénuée de sens toute polémique à ce sujet. Mais que l’évolution soit un fait indiscutable, cela ne signifie pas que la théorie néo-darwinienne de l’évolution (ou encore théorie synthétique de l’évolution) doive être acceptée comme parole d’évangile. L’évolution n’est peut-être pas gradualiste (cf. la théorie des équilibres ponctués, avancée d’abord par Eldredge et Gould) et la « sélection naturelle » n’est peut-être pas le mécanisme fondamental de l’évolution. Et quels que soient les issues de ces importantes discussions au sein de l’évolutionnisme, cela justifie encore moins les exploitations idéologiques qui en sont faites.

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Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Mercredi 23/06/2010 • 1 commentaire  • Lu 5888 fois • Version imprimable

Intelligence artificielle et représentation de l'esprit

Les bêtes peuvent-elles penser ? Voilà une des questions fondamentale que se posent les philosophes du xviie siècle. Descartes y répond clairement : les bêtes ne sont que des machines dénuées de pensée, à la différence des hommes dont les comportements manifestent qu’ils ont une âme. Le développement des technologies de l’informatique nous pose la même question sous une autre forme : les machines peuvent-elles penser ?En mettant au point, pendant la Seconde Guerre mondiale, une machine permettant de décrypter automatiquement les messages de l’armée allemande, le mathématicien Alan Turing a ouvert la voie à l’intelligence artificielle, c'est-à-dire à un ensemble de recherches visant à construire des machines aptes à reproduire (ou à simuler) les comportements humains intelligents. Ces recherches peuvent prendre deux directions : une direction technologique, par des applications informatiques spécifiques (reconnaissance de la voix ou de l’image, traduction automatique, systèmes experts, etc.) ; une direction théorique qui fait de l’ordinateur un modèle permet de comprendre le fonctionnement de l’esprit humain.

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Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Mercredi 26/08/2009 • 1 commentaire  • Lu 5221 fois • Version imprimable

L'incommensurable

L'incommensurable peut s'entendre de plusieurs manières. Le mot, au sens propre, désigne ce qui ne peut pas être mesuré avec autre chose, ce qui n'entre pas dans un rapport de mesure. Deux choses qui n'ont rien en commun, qui n'ont aucune qualité commune, sont incommensurables. Par extension, incommensurable peut cependant être pris dans le sens de immense, de ce qui par ses excès est hors de la mesure. Il s'agit cependant d'un sens dérivé que nous laisserons de côté. Les Grecs furent confrontés à l'incommensurable sous la forme de ce qu'on devait appeler plus tard les nombres irrationnels : la diagonale du carré ne peut pas être rapportée à la longueur du côté, ni la circonférence du cercle à son diamètre. Que l'incommensurable et l'irrationnel aient un rapport originel aussi intime, cela doit nous alerter : l'incommensurable n'est-il pas d'une manière général ce qui échappe à la raison, ou encore ce dont la raison ne peut rendre compte puisque la raison comme ratio est d'abord une capacité de mettre en rapport ? Ce qui laisserait supposer que raison et mesure sont non seulement liées mais s'identifient. Pourtant le nombre irrationnel n'est pas un nombre infirme, un nombre "moins nombre" que les entiers ou les rationnels. L'irrationnel a été "apprivoisé" et il est devenu tout à fait raisonnable. Si on prend le terme incommensurable dans son sens étendu, il en va de même : on sait maintenant calculer avec l'infini et de, toutes façons, notre époque n'a pas pour l'ubris la même hantise que la Grèce classique. Autrement dit, la raison humaine a appris à mesurer l'incommensurable. L'incommensurable ne serait-il donc qu'un incommensurable relatif, un incommensurable transitoire, destiné à être réduit un jour où l'autre par le patient travail de la raison humaine ou de la science ? → plus

Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Dimanche 05/10/2008 • 2 commentaires  • Lu 5465 fois • Version imprimable

Théorie et représentation dans la physique contemporaine

En quel sens la science physique représente-t-elle le monde ? Si connaître c’est représenter, la science doit représenter le “ monde réel ” comme “ monde pensé ”. Du réalisme naïf de la physique péripatéticienne à la physique classique, cette réponse semble aller de soi. Mais la révolution du tournant du xxe siècle détruit définitivement cette certitude. Certains physiciens et philosophes ne vont-ils pas jusqu’à affirmer qu’il faut renoncer à l’idée que les entités de la physique ne correspondraient pas à des entités du monde réel ?

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Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Lundi 22/09/2008 • 2 commentaires  • Lu 5673 fois • Version imprimable

Sur la causalité historique

Conférence à l'université d'été du GIPRI (Genève, 2007)

L’histoire, on le sait depuis Hérodote, n’est pas → plus

Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Samedi 01/09/2007 • 1 commentaire  • Lu 5992 fois • Version imprimable

Sciences, philosophie et religion

Conférence devant la groupe "Marianne" de la Libre Pensée

1. Je ne vais pas reprendre ce soir le contenu de l’article que le bulletin de votre groupe a publié. D’autant que, malicieusement les organisateurs ont changé le titre et m’ont sommé de parler de « la science, la philosophie → plus

Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Vendredi 22/06/2007 • 0 commentaires  • Lu 6232 fois • Version imprimable

Science, scientifiques et religions

Retour sur quelques chemins battus

Il semble curieux, quand on est peu informé en ces matières, de voir des scientifiques de renom apporter leur caution scientifique à des thèses religieuses – l’opposition au darwinisme et la défense de l’« intelligent design » – voire à des divagations sur le « paranormal » – les plus anciens se souviennent du fameux « colloque de Cordoue » qui → plus

Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Samedi 24/03/2007 • 1 commentaire  • Lu 8475 fois • Version imprimable

Faut-il éliminer l'esprit?

Du matérialisme en général et du matérialisme éliminatif en particulier

La tendance matérialiste en philosophie de l’esprit est aujourd’hui largement dominante. Que l’esprit soit une « res cogitans » clairement séparée du corps : on ne trouvera pas grand monde pour défendre cette position autrefois si commune. Le dualisme cartésien ne survit guère que sous des formes profondément modifiées. Les seules disputes qui traversent la philosophie de l’esprit concernent en vérité les diverses écoles de monisme matérialiste : les partisans du matérialisme éliminativiste contre les tenants de l’épiphénoménisme, les défenseurs de la théorie de l’identité type-type et leurs adversaires, les fonctionnalistes, les externalistes, etc. C’est un domaine dans lequel on fabrique des « ismes » en série ! → plus

Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Lundi 18/12/2006 • 12 commentaires  • Lu 10890 fois • Version imprimable

Le positivisme logique et l'interprétation de Copenhague

Remarques à partir d'un livre de Philipp Frank

L’interprétation dominante de la mécanique quantique (MQ), telle qu’a été défendue par Werner Heisenberg et Niels Bohr est résolument anti-réaliste. Affirmant qu’il est impossible de séparer l’observateur de l’objet observé, cette interprétation soutient que la science ne connaît que les expériences (dispositif expérimental inclus). En dehors de l’observation, il est impossible de dire quoi que ce soit de la réalité. Chez Heisenberg, cette thèse s’insère dans une philosophie de la science nettement idéaliste, qui se débat avec Kant. Il est curieux de remarquer que le positivisme logique, nettement empiriste, du « Cercle de Vienne » conduit, lui aussi, à une conception anti-réaliste. Et c’est d’autant plus curieux que certains des membres du cercle de Vienne, liés d’une manière ou d’une autre au marxisme, se disent réalistes. Philipp Frank, l’un des philosophes de cette école en expose de manière claire les idées essentielles en matière de théorie de la science.

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Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Dimanche 27/03/2005 • 0 commentaires  • Lu 9143 fois • Version imprimable

Épistémologie des sciences sociales: Quelques réflexions préliminaires

La place croissante des sciences sociales dans les
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Par Denis Collin • Théorie de la connaissance • Samedi 26/03/2005 • 1 commentaire  • Lu 13644 fois • Version imprimable
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