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Le communisme de Marx : une théorie du bien commun

Le mot « communisme » a été si galvaudé qu’on ne sait plus exactement ce qu’il pourrait recouvrir. Les partis communistes membres de l’Internationale Communiste se réclamaient du communisme tel que Marx l’avait défini dans le Manifeste du Parti Communiste (1848). Cependant, aucun des gouvernements des pays du « socialisme réel » n’a jamais considéré que l’un de ces pays ait pu être communiste. D’un autre côté, le communisme n’est pas l’invention de Marx et Engels. Le communisme de Babeuf, celui des « partageux », ce communisme grossier que Marx brocarde très tôt, n’est pas celui des auteurs du Manifeste du Parti Communiste.

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Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Samedi 19/09/2015 • 0 commentaires  • Lu 1594 fois • Version imprimable

Le conseillisme, une démocratie radicale

Le communisme historique du XXe siècle a laissé l’image du système le plus antidémocratique que l’on puisse imaginer. Le parti omniscient et tout-puissant gouvernait prétendument au nom de la classe ouvrière et du peuple tout entier. Et à l’intérieur du parti, c’est l’appareil qui concentrait tous les pouvoirs, appareil lui-même au service du secrétaire général. Il est pourtant une autre tradition communiste, largement oubliée aujourd’hui qui, tout au long du siècle passé a défendu l’idéal du « communisme des conseils », c’est-à-dire d’un communisme radicalement démocratique, hostile à la bureaucratie de l’État, des syndicats et des partis, défenseur de l’autonomie des organisations collectives de base. → plus

Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Jeudi 09/07/2015 • 0 commentaires  • Lu 1414 fois • Version imprimable

Marcuse: une lecture de la théorie freudienne comme ontologie

Il y a cependant quelque chose de très important dans le rapport de Marcuse à Freud. Non seulement la psychanalyse n’est pas une psychologie mais bien une théorie sociale historique, mais plus fondamentalement elle possède une dimension ontologique à laquelle Marcuse consacre une partie de Éros et civilisation. Cet « intermède philosophique » (chapitre 5) est d’une lecture dense et confirme que le mépris en lequel une certaine tradition universitaire tient Marcuse n’est rien d’autre le mépris professé par les ignorants.

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Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Samedi 18/04/2015 • 0 commentaires  • Lu 1478 fois • Version imprimable

Marcuse et Freud : la théorie critique face à la psychanalyse

Herbert Marcuse, né à Berlin en 1898 et mort à Starnberg en Bavière en 1979, est une des figures les plus marquantes de l’École de Francfort, nom sous lequel est désigné en France l’Institut pour la recherche sociale, fondé dans les années 1920 par quelques jeunes philosophes, sociologues ou psychanalystes, tous non pas marxistes, mais étudiants à l’école de Marx, mais aussi à celle de Max Weber ou de Freud. Marcuse rejoint l’Institut pour la recherche sociale en 1932, après avoir rédigé sous la direction de Heidegger une thèse importante sur L’ontologie de l’historicité chez Hegel. Hegel qu’il ne quittera jamais, lui consacrant l’un de ses livres les plus profonds, Raison et révolution. → plus

Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Vendredi 13/03/2015 • 0 commentaires  • Lu 2338 fois • Version imprimable

Le livre I du Capital de Marx

Fiche de lecture

 Depuis 1850, Marx s’est engagé dans l’œuvre de sa vie, la Critique de l’économie politique. Une Introduction est publiée en 1857, puis une Contribution à la critique de l’économie politique. Relisant Hegel, il reprend tout son travail dans ce que l’on connaîtra sous le nom de Grundrisse. Mais ces “ fondements ” sont abandonnés à la tour. En 1865, Marx consent à publier le livre I du Capital (Traduction J. ROY – Édition Flammarion Champs 2 vol.). Trois autres livres étaient prévus, mais Marx ne pourra pas mener sa tâche à bien. Des manuscrits de son ami, Engels tirera les livres II et III du Capital. Le Capital n’est pas un traité d’économie politique mais une “ critique de l’économie politique ”, à trois sens du mot : premièrement, il passe au crible les résultats de l’économie politique classique ; deuxièmement, il en exhibe les présuppositions théoriques et en détermine les limites ; troisième il en prépare le dépassement. → plus

Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Lundi 20/10/2014 • 0 commentaires  • Lu 2159 fois • Version imprimable

Vérité, reflet, idéologie

Réflexions sur la question de la vérité chez Marx

Je publie ci-dessous quelques extraits de ma thèse de doctorat consacrée à "la théorie de la connaissance chez Marx" (soutenue en 1995 sous la direction de Tony Andréani à l'Université de Paris X Nanterre). Je n'écrirai sans doute plus les choses ainsi aujourd'hui. Mais il me semble que ces extraits apportent quelques éclaircissements utiles.
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Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Lundi 25/08/2014 • 0 commentaires  • Lu 2607 fois • Version imprimable

La grande dévalorisation

À propos du livre de Ernst Lohoff et Norbert Trenkle

La grande dévalorisation. Pourquoi la spéculation et la dette de l’État ne sont pas les causes de la crise. Par Ernst Lohoff et Norbert Trenkle. Traduit de l’allemand par Paul Braun, Gérard Briche et Vincent Roulet. Éditions « Post-éditions », 2014, 352 pages. Prix 23€.

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Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Dimanche 17/08/2014 • 0 commentaires  • Lu 2833 fois • Version imprimable

L'espace de la marchandise

Conférence au colloque sur l'espace organisé par le lycée Corneille de Rouen le 14 mars 2014

Parler de l’espace de la marchandise peut sembler étrange. L’espace de la marchandise pourrait tout simplement se réduire à l’espace occupé par les marchandises dans les entrepôts des magasins ou sur les étals des commerçants... En dire autre chose serait aller au-delà d’un usage pertinent du mot « espace » transformé en mot « passe-partout ». Si on lit Marx, on cherchera en vain le mot « espace » pour désigner un concept précis de sa critique de l’économie politique. Par contre on rencontrera le mot de « sphère » (sphère de la circulation, sphère de la production) et mais aussi le mot « monde ». Il y a donc une spatialité (sphère ou monde) nécessaire pour penser la marchandise. On peut aussi rencontrer, chez des auteurs plus récents, l’expression « espace de la marchandise » pour désigner l’extension de la marchandise à la fois dans l’espace géographique et dans l’ensemble des sphères de la vie humaine. → plus

Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Vendredi 14/03/2014 • 0 commentaires  • Lu 2703 fois • Version imprimable

Jon Elster et l’interprétation analytique de Marx

Jon Elster dans Making sense of Marx (Karl Marx : Une interprétation analytique. Traduit de l’anglais par P.E. Dauzat, PUF 1989) se propose de donner une nouvelle interprétation de Marx à la lumière de la philosophie analytique. Transposé au domaine précis qui nous concerne, le propos de Jon Eslter viserait ainsi à récuser tout ce qui chez Marx renvoie à une sociologie « holiste » et à y substituer une interprétation qui ferait fonds sur l’individualisme méthodologique. → plus

Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Lundi 03/03/2014 • 0 commentaires  • Lu 2276 fois • Version imprimable

Marx et la philosophie anglaise du XVIIe siècle

Nominalisme et matérialisme

Le matérialisme de Marx, pour autant que l’on puisse parler véritablement de matérialisme, n’est à proprement parler qu’un nominalisme. Cette inspiration nominaliste parcourt les textes de jeunesse, de la Critique du droit politique hégélien à l’Idéologie Allemande. Peut-on attribuer à Marx une inspiration nominaliste n'est-ce pas un jugement extérieur qui fait fi de l'histoire réelle de la pensée marxienne ? Après tout rien n'indique que Marx ait lu la Somme logique ni qu'il se soit intéressé à Duns Scot, bien qu'il le cite parmi les précurseurs du matérialisme[1]. Sa connaissance du nominalisme médiéval n'est donc qu'une connaissance indirecte, qui lui vient par l'intermédiaire des philosophes anglais. C'est donc un nominalisme qui a déjà subi de nombreuses transformations que Marx va trouver «prédigéré» dans la philosophie anglaise.

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Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Dimanche 23/02/2014 • 0 commentaires  • Lu 2029 fois • Version imprimable

Marx, la politique, l'État

Une étude sur "Le 18 brumaire de Louis Bonaparte"

Le 18 brumaire de Louis Bonaparte apparaît d’abord comme un texte de circonstance. Écrit en quelques jours après le coup d’État qui met fin à la seconde République et conduit bientôt à la proclamation du Second Empire par un neveu de Napoléon Bonaparte, ce petit ouvrage de Marx, publié en 1852 dans la revue de son ami Joseph Weydemeyer, rassemble sept articles écrit presque sous le feu de l’évènement. C’est pourtant beaucoup bien plus que cela. Dans la préface à la réédition de 1869, Marx précise ce qui sépare son travail de celui de Victor Hugo, Napoléon le Petit, et de celui de Joseph Proudhon, Le coup d’État. Le pamphlet de Hugo « se borne à des invectives amères et spirituelles », mais faute de comprendre les racines sociales du coup d’État de Louis Bonaparte, il en fait l’œuvre d’un homme seul et « il ne s’aperçoit pas qu’il grandit cet individu au lieu de le rapetisser, en lui attribuant un pouvoir d’initiative qui n’a pas son pareil dans l’histoire universelle. » Proudhon au contraire fait de cet évènement une sorte de produit naturel de toute l’évolution historique et tombe ainsi dans l’apologie. Bref, Victor Hugo, se concentrant sur l’action de ce petit « grand homme » tombe dans une vision purement subjectiviste de l’histoire et Proudhon commet l’erreur des « historiens soi-disant objectifs » qui finissent toujours par se faire les chantres du fait accompli. Marx refuse ces deux erreurs symétriques : il s’agit de montrer « comment la lutte des classes en France a créé des circonstances et des conditions qui ont permis à un médiocre et grotesque personnage de jouer le rôle de héros. » Il s’agit donc de montrer comment la méthode d’analyse historique défendue par Marx, une méthode qui place au premier plan l’activité des hommes permet de comprendre la logique des évènements. Contre un certain « matérialisme historique » qui réduit finalement la lutte politique à un épiphénomène des conflits sociaux et économiques, Marx illustre et précise sa propre conception de l’histoire dès les premières lignes du 18 Brumaire de Louis Bonaparte :

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Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Jeudi 02/01/2014 • 0 commentaires  • Lu 2301 fois • Version imprimable

Quatre questions sur Marx

Philippe Petit, de Marianne, m'a posé les questions suivantes. En attendant de savoir ce que cette interview deviendra (?), la voilà:

PP 1 / La crise financière de 2008 et ses suites, signe-t-elle selon vous le retour d'une certaine actualité des thèses de Marx concernant l'Etat et les fondés de pouvoir du capital???

[DC>] La crise financière de 2007/2008 et ses suites confirment de manière éclatante les analyses de Marx: le mode de production capitaliste ne peut fonctionner qu'en reproduisant le capital sur une échelle toujours élargie. Or la poursuite d'un processus d'accumulation exige le recours croissant au crédit et à toutes les formes d'investissement financier qui permettent la distribution, non de profits réels, générés dans le processus de production, mais de profits anticipés, c’est-à-dire de profit qui ne correspondent pas à un capital produisant de la plus-value. C'est ce que Marx appelle "capital fictif". La masse du capital fictif a fini par engloutir le capital réellement investi qui est, lui, confronté à des problèmes croissants de mise en valeur, à ce que Marx, encore, nommait baisse tendancielle du taux de profit. L'exemple de l'industrie automobile est particulier éclairant pour comprendre à la fois cette baisse du taux de profit et le poids croissant des "produits financiers.

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Par Denis Collin • Marx, Marxisme • Samedi 25/02/2012 • 0 commentaires  • Lu 3943 fois • Version imprimable
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Les grandes notions philosophiques, tome 2: La société, le pouvoir, l'Etat

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