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Au micro, Pascal Clesse, responsable de la commission philosophie.
1- Aujourd’hui nous recevons le Philosophe D.Collin. Vous avez publié de nombreux ouvrages sur Marx, Machiavel etc… Dans votre dernier ouvrage intitulé, La longueur de la chaîne, vous vous proposez d’examiner les différents usages du mot liberté, et surtout de dresser l’état des lieux de ce qu’il en est effectivement de la liberté, des dangers qui la menacent en ce début du XXIème siècle. Tout d’abord, pourquoi ce titre La longueur de la chaîne pour un ouvrage qui traite de la liberté ?
C’est la fable de La Fontaine, le Loup et le Chien, qui m’a inspiré ce titre. L’animal moral, dans cette fable, c’est le Loup qui préfère sa liberté à la pitance que les maîtres du chien lui prodiguent. Nous n’avons jamais tant parlé de liberté, jamais ce n’a été une valeur aussi unanimement revendiquée en parole, et jamais son sens n’a été aussi restreint. Nous ne voulons plus assumer notre liberté et nous nous contentons de négocier la longueur de nos chaines et la quantité des croquettes !
2- Premier axe de votre réflexion : la liberté politique. Vous partez d’un constat : nous sommes passés de l’idéal de la démocratie « le gouvernement du peuple pour le peuple » à la mise en place d’une oligarchie au niveau international, c’est à- dire « du gouvernement du petit nombre pour les intérêts du petit nombre ». Comment expliquer l’émergence de ces nouvelles élites, et surtout comment rétablir la démocratie ?
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Le concept de travail mort joue sans doute un rôle très important dans la pensée de Marx. Il est le revers nécessaire du travail vivant et dans l’opposition travail vivant/travail mort réside sans aucun doute le nœud de la critique marxienne de l’économie politique. En premier lieu, nous essaierons de repérer quelques-uns des lieux où Marx spécifie clairement ce concept de travail mort. Nous verrons ensuite le caractère opératoire de ce concept en tant qu’il permet de donner une unité à toute une série d’analyses marxiennes souvent présentées de manière très éclatée voire antagoniste. Enfin nous verrons que c’est à partir de ce concept de travail mort qu’est pensée chez Marx la nécessité d’une révolution sociale qui subvertisse radicalement les rapports sociaux capitalistes.
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Le rationalisme classique est d’abord celui du xviie siècle, celui de Descartes, Spinoza et Leibniz. Il trouvera son prolongement dans les philosophes des Lumières. Sous l’angle qui nous intéresse ici, le rationalisme classique ne s’intéresse pas tant à la critique de la croyance au sens de la doxa platonicienne qu’aux formes superstitieuse et religieuses de la croyance. Jusqu’aux temps modernes, la philosophie pouvait s’accommoder de toutes sortes « savoirs » plus ou moins fantaisistes. Le grand théoricien de l’État, Jean Bodin s’occupait aussi de démonologie ! Avec le rationalisme classique, c’est une véritable ligne de démarcation qu’on va chercher à tracer entre ce qui ressortit aux croyances en général (foi religieuse incluse) et ce qui est proprement sous la législation de la raison. Les rationalistes sont souvent très loin d’être des athées mais Dieu lui-même devra rendre compte de son existence devant le tribunal de la raison et devant lui seul.
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Aristote définit la vertu comme un juste milieu entre l’excès et le défaut. Il semble bien qu’il en aille de même avec la science. Entre l’excès de science qu’est le scientisme et son défaut qu’est le relativisme, la juste valeur de la science n’est pas toujours facile à saisir.
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Dans la grande tradition de la philosophie allemande de Kant et Hegel, Éric Weil a tenté de construire un pensée philosophique systématique. De la Logique de la philosophie (1950) à sa Philosophie politique ((Librairie Philosophique Jean Vrin – 1ère édition 1956 – 262 pages) et sa Philosophie morale (1960), il fait vivre une pensée classique qu’on aurait pu penser enterrée, après que les héritiers de Hegel, de Marx à Kierkegaard, ont annoncé la fin de la philosophie systématique, voire la fin de la philosophie tout court.
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1 La critique de la realpolitik
Théorie et pratique
La pensée politique kantienne est soumise à la critique des « réalistes ». La paix perpétuelle et plus généralement les principes républicains kantiens seraient « impraticables ». Impraticables, parce que purement « théoriques » – Kant ne dit-il pas qu’ils sont a priori, c'est-à-dire qu’ils sont conçus par la raison pure, antérieure à toute expérience ? Les reproches adressés à Kant redoublent en quelque sorte les virulentes critiques que le parlementaire et publiciste britannique Edmund Burke adresse à la révolution française dans ses fameuses Réflexions sur la révolution en France. L’esprit de système, l’abstraction et le refus de l’expérience du passé, voilà ce qui conduira la France révolutionnaire à la catastrophe. Le premier appendice de Vers la paix perpétuelle peut ainsi se lire non seulement comme un prolongement de Théorie et pratique, mais aussi comme une réponse à Burke.
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La société des nations : un contrat social universel
1 Le droit des gens
Droit naturel et droit des gens
Le deuxième « article définitif en vue de la paix perpétuelle » concerne le droit des gens, c'est-à-dire le droit naturel en tant qu’il règle les rapports entre les nations. Pour Cicéron, la nature et le droit des gens se confondent : « Ce n’est pas seulement la nature, c'est-à-dire le droit des gens, qui a établi qu’il n’est pas permis de nuire à autrui pour satisfaire son intérêt propre ; les législations qui dans chaque cité règlent l’État ont décidé de même »[1]. Les législations propres à chaque cité sont pour Cicéron le « jus civile » – nous dirions droit positif ; le droit des gens apparaît ainsi comme le droit de la « communauté du genre humain ». Dans l’acception de Cicéron, le droit des gens recouvrirait non seulement les rapports entre nations, mais aussi ce que Kant va nommer droit cosmopolitique, droit de l’homme en tant qu citoyen du monde, puisque membre de la communauté du genre humain. Néanmoins la tradition va restreindre le droit des gens aux relations entre États. Selon Montesquieu « Le droit des gens est naturellement fondé sur ce principe : que les diverses nations doivent se faire dans la paix le plus de bien, et dans la guerre le moins de mal qu’il est possible sans nuire à leurs véritables intérêts. »[2]
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La république ou la constitution de droit
Vers la paix perpétuelle constitue donc l’aboutissement d’une élaboration commencée plus de dix ans plus tôt avec l’Idée d’une histoire universelle. Alors que le texte de 1784 en reste à la perspective générale d’un progrès de l’humanité qui s’exprimera dans le progrès du droit jusqu’à englober l’humanité tout entière, nous avons maintenant une véritable théorie du droit. La Doctrine du droit, première partie de la Métaphysique des mœurs sera d’ailleurs rédigée l’année suivante. Cette théorie du droit s’articule dans la Paix perpétuelle sur trois axes :
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La place dans l’œuvre de Kant
Vers la paix perpétuelle[1] paraît en 1795. Le titre allemand est Zum ewigen Frieden qu’on peut traduire aussi par À la paix éternelle. Dans les traductions françaises, on utilise souvent le titre Projet de paix perpétuelle, qui a l’avantage mais aussi l’inconvénient de rappeler l’œuvre de Charles Castel, abbé de Saint-Pierre, auteur au début du xviie siècle d’un ouvrage au même titre. Dans sa forme le texte de présente comme un projet de traité de paix.
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Professeur à l’Université de Grenoble, spécialiste des néokantiens dont il a traduit plusieurs textes en français, Éric Dufour est aussi un connaisseur du cinéma dont il a fait de long temps fait un objet de réflexion philosophique. Quand il enseignait en lycée, je me souviens de sa virtuosité pour lier Husserl et le Vertigo de Hitchcock ou encore de faire travailler philosophiquement ses élèves à partir des films de Tim Burton. Il a publié au PUF en 2006 Le cinéma d’horreur et ses figures (PUF) et 2008, chez Vrin, David Lynch : Image, matière et temps. En 2009, il nous donnait chez Armand Colin un bel album sur Les monstres au cinéma et c’est encore chez Colin qu’il publie en 2011 un ouvrage érudit sur Le cinéma de science-fiction. → plus
Ce article a été publié dans Les Lettres Françaises du 9 juin 2011 (N°83, nouvelle série). Ce numéro consacre un dossier à Épicure: on y trouve des contributions de Jaques-Olivier Bégot, Jean Salem, Svein-Eiric Fauskevag et Jean-François Poirier.
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La thèse de doctorat de Marx sur La différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure est un moment important dans la formation de sa pensée. Ce travail universitaire inachevé permet de souligner le caractère paradoxal de ce que sera le « matérialisme » de Marx.
De cette thèse jusqu'aux textes jusqu’à la Sainte Famille et L'idéologie Allemande, il y a une véritable continuité d'inspiration atomiste. Cette œuvre présente des difficultés particulières dans la mesure où cette thèse ne nous est pas parvenue complète et où nous devons donc nous appuyer sur les notes préparatoires de Marx. Mais elle est partie intégrante de l’œuvre de Marx.
La « dissertation » de Marx ne porte pas sur l'atomisme antique, mais sur sur la différence entre la physique de Démocrite et celle d'Épicure, car cette différence a une portée qui dépasse de loin les éventuelles discussions sur une physique obsolète. Mettant en évidence des oppositions de méthode entre Démocrite et Épicure, Marx se place nettement du côté d'Épicure. Dans un premier temps, en effet, il relève que, du point de vue le plus général, les physiques de Démocrite et d'Épicure semblent pratiquement identiques : les atomes et le vide, tels sont les deux principes. Cependant, à partir de ces prémices identiques, les deux philosophes se retrouvent « diamétralement opposés en tout ce qui concerne la vérité, la certitude, l'application de cette science, le rapport de la pensée à la réalité en général. »
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Ma bibliographie
Liste de mes ouvrages disponibles en libraire Comprendre Marx et Le Capital Denis Collin Max Milo
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La longueur de la chaîne Denis COLLIN Max Milo
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Giambattista Vico et l'histoire Denis Collin Sceren
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Le mal Denis Collin (dir.), Dominique Ginestet, Alain Quesnel, Sylvie Peyturaux, Didier Guilliomet SEDES
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Comprendre Marx Denis COLLIN Armand Colin
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L'argent Denis Collin CDU SEDES
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Le cauchemar de Marx Le capitalisme est-il une histoire sans fin ? Denis Collin Max Milo
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Comprendre Machiavel Denis COLLIN Armand Colin
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Les énigmes du moi Denis Collin (dir.) SEDES
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Penser l'histoire Denis Collin (dir.) Armand Colin |
Comprendre Marx (Broché) Denis Collin Armand Colin
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Les puissances de l'imagination
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La recherche du bonheur Denis Collin (dir) SEDES
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Revive la République ! (Broché) Denis Collin Armand Colin
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La matière et l'esprit : Sciences, philosophie et matérialisme Denis Collin Armand Colin
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Traité des animaux Condillac - Présenté par Denis Collin Bréal |
Questions de morale Denis Collin Armand Colin
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L'illusion plurielle : Pourquoi la gauche n'est plus la gauche ? Denis Collin et Jacques Cotta J.-C. Lattès
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Morale et justice sociale Denis Collin Seuil
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La théorie de la connaissance chez Marx
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Marile notiuni filosofice. 5 Munca si tehnica Denis Collin Intitutul European |
Les Grandes notions philosophiques, tome 5 : Le Travail et la technique
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La fin du travail et la mondialisation: Idéologie et réalité sociale Denis Collin L'Harmattan
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Les grandes notions philosophiques, tome 2: La société, le pouvoir, l'Etat
Denis Collin Seuil |
Les Grandes Notions philosophiques, tome 3 : La justice, le droit
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