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La volonté ne peut être représentée : tel est le nœud du Contrat Social de Rousseau. Je peux donner mandat à quelqu’un pour exécuter une action, mais je ne peux lui donner mandat pour vouloir à ma place. La position de Rousseau est radicale et conduit à deux conclusions : 1° le pouvoir souverain ne peut être exercé que par le peuple assemblé ; 2° ce genre de constitution politique n’est peut-être pas fait pour les hommes mais seulement pour les dieux !
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Le totalitarisme est la principale figure du mal au XXe siècle. Auschwitz, symbole des camps d’extermination est un des tournants majeurs de l’histoire humaine. Si on ne fait plus guère de difficulté pour reconnaître dans le nazisme le “ mal absolu ”, la définition du totalitarisme reste sujette à discussion. Hannah Arendt, dans ses trois volumes de L’origine du totalitarisme (réédition Points, Seuil) tente de l’élucider théoriquement. Le totalitarisme doit tout d’abord être compris en le situant dans le courant historique qui le fait naître, c'est-à-dire dans la conjonction de l’antisémitisme moderne et de l’impérialisme sans quoi le nazisme eût été impossible. En second lieu, il faut en mettre à jour les traits fondamentaux qui sont communs aux différents systèmes totalitaires que nous siècle a connus. Hannah Arendt montre que le système stalinien de l’URSS et le système nazi peuvent être réunis sous le même concept de totalitarisme. Mais cette analyse qui appartient à la théorie politique trouve son prolongement dans la réflexion morale qu’elle mènera à l’occasion du procès Eichmann (voir Eichmann à Jérusalem – Rapport sur la banalité du mal, Folio, Gallimard).
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Faut-il, doit-on imposer des limites à la recherche technique et scientifique ?Réponse à la question soumise à l'étude du congrès de la Libre Pensée
La question à l’étude du prochain congrès de la Libre Pensée est si pleine d’ambiguïtés qu’on ne sait pas trop par quel bout la prendre. « Faut-il » et « doit-on » ne sont pas des synonymes : la nécessité et l’obligation ne sont pas identiques, on ne se soustrait pas à la nécessité alors qu’on peut manquer à ses obligations. Le deuxième point délicat consiste à traiter en bloc de la « recherche technique et scientifique ». Commençons par là.
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La passion du MêmeQuelques réflexions à propos de l'introduction de l'homoparentalité dans les programmes scolaires
Quelques mots dans un bulletin officiel de l’éducation nationale (Bulletin officiel spécial n°8 du 13 octobre 2011, portant sur les programmes de l’enseignement de spécialité de droit et grands enjeux du monde contemporain de la série littéraire - classe terminale littéraire) ont fait la une des journaux télévisés et radios : « Après avoir constaté l'absence de définition de la famille, on montrera, par une analyse juridique et historique, qu'elle a profondément évolué et qu'elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire, élargie) et on proposera aux élèves d'en rechercher une définition. » La querelle de l’homoparentalité était relancée avec d’un côté le clan de la « réaction » (les adversaires de la reconnaissance officielle de l’homoparentalité) et de l’autre le clan du progrès (les partisans de la reconnaissance de toutes les nouvelles formes de parentalités). Un de ces débats piégés qui plaisent tant au petit monde des médias et des politiciens en mal d’idées.
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![]() Entretien avec Denis Collin auteur de - La longueur de la chaîne –Au micro, Pascal Clesse, responsable de la commission philosophie. 1- Aujourd’hui nous recevons le Philosophe D.Collin. Vous avez publié de nombreux ouvrages sur Marx, Machiavel etc… Dans votre dernier ouvrage intitulé, La longueur de la chaîne, vous vous proposez d’examiner les différents usages du mot liberté, et surtout de dresser l’état des lieux de ce qu’il en est effectivement de la liberté, des dangers qui la menacent en ce début du XXIème siècle. Tout d’abord, pourquoi ce titre La longueur de la chaîne pour un ouvrage qui traite de la liberté ? C’est la fable de La Fontaine, le Loup et le Chien, qui m’a inspiré ce titre. L’animal moral, dans cette fable, c’est le Loup qui préfère sa liberté à la pitance que les maîtres du chien lui prodiguent. Nous n’avons jamais tant parlé de liberté, jamais ce n’a été une valeur aussi unanimement revendiquée en parole, et jamais son sens n’a été aussi restreint. Nous ne voulons plus assumer notre liberté et nous nous contentons de négocier la longueur de nos chaines et la quantité des croquettes ! 2- Premier axe de votre réflexion : la liberté politique. Vous partez d’un constat : nous sommes passés de l’idéal de la démocratie « le gouvernement du peuple pour le peuple » à la mise en place d’une oligarchie au niveau international, c’est à- dire « du gouvernement du petit nombre pour les intérêts du petit nombre ». Comment expliquer l’émergence de ces nouvelles élites, et surtout comment rétablir la démocratie ?
Le concept de travail mort joue sans doute un rôle très important dans la pensée de Marx. Il est le revers nécessaire du travail vivant et dans l’opposition travail vivant/travail mort réside sans aucun doute le nœud de la critique marxienne de l’économie politique. En premier lieu, nous essaierons de repérer quelques-uns des lieux où Marx spécifie clairement ce concept de travail mort. Nous verrons ensuite le caractère opératoire de ce concept en tant qu’il permet de donner une unité à toute une série d’analyses marxiennes souvent présentées de manière très éclatée voire antagoniste. Enfin nous verrons que c’est à partir de ce concept de travail mort qu’est pensée chez Marx la nécessité d’une révolution sociale qui subvertisse radicalement les rapports sociaux capitalistes.
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Le rationalisme classique est d’abord celui du xviie siècle, celui de Descartes, Spinoza et Leibniz. Il trouvera son prolongement dans les philosophes des Lumières. Sous l’angle qui nous intéresse ici, le rationalisme classique ne s’intéresse pas tant à la critique de la croyance au sens de la doxa platonicienne qu’aux formes superstitieuse et religieuses de la croyance. Jusqu’aux temps modernes, la philosophie pouvait s’accommoder de toutes sortes « savoirs » plus ou moins fantaisistes. Le grand théoricien de l’État, Jean Bodin s’occupait aussi de démonologie ! Avec le rationalisme classique, c’est une véritable ligne de démarcation qu’on va chercher à tracer entre ce qui ressortit aux croyances en général (foi religieuse incluse) et ce qui est proprement sous la législation de la raison. Les rationalistes sont souvent très loin d’être des athées mais Dieu lui-même devra rendre compte de son existence devant le tribunal de la raison et devant lui seul.
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Philosophie politiqueUn livre d'Eric WeilDans la grande tradition de la philosophie allemande de Kant et Hegel, Éric Weil a tenté de construire un pensée philosophique systématique. De la Logique de la philosophie (1950) à sa Philosophie politique ((Librairie Philosophique Jean Vrin – 1ère édition 1956 – 262 pages) et sa Philosophie morale (1960), il fait vivre une pensée classique qu’on aurait pu penser enterrée, après que les héritiers de Hegel, de Marx à Kierkegaard, ont annoncé la fin de la philosophie systématique, voire la fin de la philosophie tout court. → plusLecture de "Vers la paix perpétuelle" de Kant (4)Morale, droit et politique - Prolongements contemporainsMorale, droit, politique
1 La critique de la realpolitik
Théorie et pratique
La pensée politique kantienne est soumise à la critique des « réalistes ». La paix perpétuelle et plus généralement les principes républicains kantiens seraient « impraticables ». Impraticables, parce que purement « théoriques » – Kant ne dit-il pas qu’ils sont a priori, c'est-à-dire qu’ils sont conçus par la raison pure, antérieure à toute expérience ? Les reproches adressés à Kant redoublent en quelque sorte les virulentes critiques que le parlementaire et publiciste britannique Edmund Burke adresse à la révolution française dans ses fameuses Réflexions sur la révolution en France. L’esprit de système, l’abstraction et le refus de l’expérience du passé, voilà ce qui conduira la France révolutionnaire à la catastrophe. Le premier appendice de Vers la paix perpétuelle peut ainsi se lire non seulement comme un prolongement de Théorie et pratique, mais aussi comme une réponse à Burke. → plus
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